Le monde s’évapore. L’Administration impose la masse.
Vous entrez dans le registre des scellés du Bureau des Protocoles.
Chaque protocole exécuté produit un cube : du plomb pur, coulé, refroidi, puis gravé au burin. Ce n’est pas un objet à contempler. C’est ce qui reste, une fois qu’un acte a eu lieu — un effort réel, une résistance traversée, une matière qui en garde la trace.
L’inventaire. Les cubes répertoriés ici sont conservés par le Bureau. Chaque cube porte le numéro de son mandat, gravé à la main. Ce nombre le relie, de façon indéfaisable, à l’acte, à la seconde exacte où il a eu lieu, et au mandant.
Le dépositaire. Le Bureau peut confier la garde d’un cube. En demandant son extraction, vous vous acquittez des frais de garde et prenez en charge ces 1,3 kg à vie. Vous n’en devenez jamais propriétaire — seulement dépositaire. Le cube ne représente rien. Il pèse.
